Points à retenir
- Un moteur thermique, essence, diesel ou gaz, produit toujours du monoxyde de carbone.
- Avant de lancer un groupe, quatre points se contrôlent systématiquement : le niveau d’huile moteur, la présence de carburant propre en quantité suffisante, la charge de la batterie de démarrage et l’état du filtre à air.
- Un groupe diesel maintenu longtemps en sous-charge peut s’encrasser (phénomène connu sous le nom de « wet stacking ») : le seuil précis dépend du constructeur, la notice de l’appareil reste la référence.
- Un « groupe de sécurité » au sens réglementaire équipe un établissement recevant du public et alimente les fonctions vitales de sécurité incendie.
Entretenir un groupe électrogène tient en trois gestes réguliers : contrôler l’huile, le carburant et la batterie avant chaque démarrage, faire tourner l’appareil en charge à intervalles réguliers, et confier tout raccordement au tableau électrique à un électricien via un inverseur de source. Pour un groupe de sécurité en établissement recevant du public, ces contrôles sont encadrés par un texte réglementaire précis. Ce site ne vend, n’installe et ne loue aucun groupe électrogène : votre demande est transmise à un distributeur, qui vous répond directement avec son devis.
Sécurité avant tout : le monoxyde de carbone
Un moteur thermique, essence, diesel ou gaz, produit toujours du monoxyde de carbone. Ce gaz est incolore, inodore et non irritant : il tue sans prévenir.
Sécurité. Un groupe électrogène ne fonctionne jamais à l’intérieur. Ni dans la maison, ni dans la cave, ni dans le garage (même porte ouverte), ni sous un auvent fermé ou dans un camping-car. Installez-le à l’extérieur, à l’écart des portes, fenêtres et entrées d’air. Maux de tête, nausées ou vertiges chez plusieurs personnes en même temps : arrêtez l’appareil, aérez, sortez et appelez le 15, le 18 ou le 112 (114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes).
Ce risque n’est pas théorique : sur la saison 2024-2025, l’ARS Grand Est a recensé une hausse des cas liés aux groupes électrogènes. Les chiffres complets figurent plus bas, dans le bloc dédié.
Les vérifications avant chaque démarrage
Avant de lancer un groupe, quatre points se contrôlent systématiquement : le niveau d’huile moteur, la présence de carburant propre en quantité suffisante, la charge de la batterie de démarrage et l’état du filtre à air. Ces contrôles préviennent la panne la plus fréquente sur un groupe de secours domestique : l’appareil qui refuse de démarrer au moment où la coupure survient, faute d’avoir tourné depuis des mois.
Les intervalles précis de vidange, de remplacement des filtres ou des bougies dépendent du modèle et se lisent dans la notice du fabricant : aucun chiffre générique ne remplace cette notice, propre à chaque appareil.

Le calendrier d’un entretien régulier
La séquence ci-dessous reprend l’ordre logique d’un entretien de groupe de secours domestique, sans intervalle chiffré imposé au-delà de ce que confirme la notice du fabricant.
Un groupe diesel maintenu longtemps en sous-charge peut s’encrasser (phénomène connu sous le nom de « wet stacking ») : le seuil précis dépend du constructeur, la notice de l’appareil reste la référence.
Essais périodiques : groupe de sécurité ERP ou groupe de la maison ?
Un « groupe de sécurité » au sens réglementaire équipe un établissement recevant du public et alimente les fonctions vitales de sécurité incendie. Un « groupe de remplacement » assure la continuité d’une activité, y compris chez un particulier. Les deux ne suivent pas les mêmes obligations.
Ces vérifications et cet essai mensuel se consignent dans un registre d’entretien (arrêté du 25 juin 1980, article EL 18 § 4). Ce cadre vise les groupes de sécurité des établissements recevant du public : il ne s’applique pas tel quel à un groupe électrogène de particulier. Un établissement de santé porte par ailleurs des exigences propres à son activité, qui se vérifient avec son bureau de contrôle et l’autorité de tutelle. Pour un secours purement domestique, un test régulier reste la meilleure garantie, même sans obligation d’un registre formel : notre page dédiée au secours maison détaille ce cas.
Le raccordement au tableau électrique
Sécurité. Brancher un groupe sur l’installation de la maison est l’affaire d’un électricien. Le raccordement passe par un inverseur de source, manuel ou automatique, qui isole la maison du réseau et coupe tous les conducteurs actifs avant de basculer sur le groupe. Ne branchez jamais un groupe dans une prise murale au moyen d’un câble adaptateur : c’est interdit par la norme d’installation, cela expose vos proches à l’électrocution et renvoie du courant sur une ligne où des techniciens peuvent intervenir en pensant qu’elle est coupée.
La série 2024 de la norme NF C 15-100, qui intègre les guides consacrés aux générateurs, aux groupes et aux alimentations sans interruption, exige que ce dispositif d’inversion coupe l’ensemble des conducteurs actifs, phases et neutre, et rende impossible tout couplage simultané avec le réseau public. L’inverseur peut être manuel, un commutateur à verrouillage mécanique, ou automatique : c’est l’interdiction du couplage qui est obligatoire, pas l’automatisme en lui-même.
Pour la demande de devis, précisez au distributeur si vous souhaitez un inverseur manuel ou automatique, la puissance nécessaire et l’usage prévu (secours ponctuel ou production plus soutenue). Le détail des étapes de pose figure sur notre page consacrée à l’installation d’un groupe électrogène.
Dimensionner le groupe qu’on entretient
La puissance qui compte pour choisir et faire fonctionner un groupe est sa puissance continue, exprimée en kW, jamais sa puissance maximale ou de crête. En triphasé industriel, les fabricants annoncent souvent une puissance apparente en kVA : la puissance active en kW s’obtient en multipliant par le facteur de puissance, généralement 0,8 par convention constructeur.
Listez les appareils à faire fonctionner en même temps, additionnez leur puissance en kW, puis ajoutez la pointe de démarrage du plus gros moteur (pompe de relevage, congélateur, pompe à chaleur) : un moteur asynchrone en démarrage direct peut appeler cinq à huit fois son courant nominal pendant quelques secondes. C’est cette pointe, et non la seule somme des puissances nominales, qui détermine le groupe adapté. Notre page de conversion des kVA en kW détaille ce calcul.
Une même machine peut afficher plusieurs puissances selon l’usage visé (continue, principale, temps limité, secours) : deux groupes ne se comparent qu’à classe identique, une notion définie par la norme ISO 8528-1, dont les valeurs chiffrées précises ne sont pas reprises ici faute de lecture complète du texte.
Le bruit : ce qu’il faut lire sur la fiche technique
Deux mesures de bruit existent et ne se comparent jamais l’une à l’autre. Le niveau de puissance acoustique garanti, noté LWA, est une valeur intrinsèque à l’appareil, imposée par la réglementation européenne sur les groupes électrogènes de moins de 400 kW. Le niveau en décibels mesuré à une distance donnée (souvent affiché « à 7 m » sur les fiches commerciales) dépend, lui, de la distance choisie et sera toujours plus bas que le LWA.
Demandez systématiquement au fournisseur le LWA garanti de l’appareil, et vérifiez en parallèle les règles locales de bruit de voisinage fixées par votre mairie ou votre préfecture, qui relèvent du Code de la santé publique et non de la réglementation produit.
Carburant : stockage et sécurité
Le plein se fait toujours moteur arrêté et refroidi, jamais en cours de fonctionnement. Le carburant se stocke dans un récipient adapté, hors de l’habitation et loin de toute source de chaleur. Un carburant conservé longtemps sans précaution peut se dégrader et provoquer un refus de démarrage : la notice du fabricant précise les compatibilités de carburant et les stabilisants admis.
Diagnostiquer une panne simple
Un groupe qui refuse de démarrer présente souvent une cause simple : niveau de carburant insuffisant, robinet d’alimentation fermé, batterie déchargée, ou carburant dégradé après un long stockage. Un groupe qui démarre mais ne produit aucun courant signale plutôt un problème côté régulation de tension ou fusible.
Dès que le diagnostic dépasse ces vérifications de base, ou qu’il implique une intervention sur le système électrique ou sur des composants internes, l’intervention d’un professionnel s’impose. Notre page réparation et dépannage détaille ces situations.
Le monoxyde de carbone, en chiffres
Les deux bilans régionaux signalent une part de ces intoxications liée directement à l’usage de groupes électrogènes, ce qui confirme l’importance du bloc de sécurité rappelé plus haut.
Quand faire appel à un électricien, un bureau de contrôle ou un distributeur
Le raccordement au tableau, la pose ou la modification d’un inverseur, toute intervention sur le régime de neutre ou de terre : ces gestes relèvent d’un électricien. Le contrôle périodique d’un groupe de sécurité en établissement recevant du public relève du bureau de contrôle et de l’exploitant, en lien avec l’autorité de tutelle. Pour choisir le groupe, l’inverseur ou l’accompagnement adapté à votre projet, décrivez votre besoin : votre demande sera transmise à un distributeur partenaire, qui vous recontacte directement avec son devis.
Ce que cette page ne remplace pas
Pour un établissement de santé, les exigences d’alimentation de secours se vérifient avec le bureau de contrôle et l’autorité de tutelle de l’établissement. Les valeurs chiffrées des classes de puissance (heures d’utilisation, taux de charge) figurent dans le texte intégral de la norme ISO 8528-1 : demandez-les au fabricant ou à un bureau d’études. Aucun prix d’achat ou de location n’est publié ici : un devis daté, demandé à un distributeur, donne le tarif à jour.
Questions fréquentes
Peut-on utiliser un groupe électrogène dans un garage, porte ouverte ?
Non. Le monoxyde de carbone s’accumule même porte ouverte. Un groupe électrogène thermique s’installe toujours à l’extérieur, loin des portes, fenêtres et entrées d’air.
Quelle différence entre un inverseur manuel et un inverseur automatique ?
Les deux isolent la maison du réseau et coupent tous les conducteurs actifs avant de basculer sur le groupe. Le manuel demande une action de l’utilisateur, l’automatique bascule seul dès la coupure détectée. Aucun des deux n’est obligatoire en soi : c’est l’interdiction du couplage avec le réseau qui l’est.
Quel est le geste d’entretien le plus souvent oublié ?
Le test régulier en charge d’un groupe de secours domestique. Un appareil qui dort des mois sans tourner peut refuser de démarrer le jour de la coupure, faute de batterie chargée ou de carburant encore utilisable.
Un groupe électrogène de particulier suit-il les mêmes obligations qu’un ERP ?
Non. Les essais tous les quinze jours et le test mensuel à 50 % de charge pendant trente minutes concernent les groupes de sécurité des établissements recevant du public (arrêté du 25 juin 1980, article EL 18), pas les groupes domestiques.
Comment convertir des kVA en kW pour comparer deux groupes ?
En multipliant la puissance apparente en kVA par le facteur de puissance, en général 0,8 pour un groupe triphasé industriel. Un groupe de 100 kVA délivre ainsi environ 80 kW utiles.
Que demander au fournisseur pour comparer le bruit de deux groupes ?
Le niveau de puissance acoustique garanti (LWA), qui se compare d’un modèle à l’autre. Une valeur « en dB(A) à 7 m » est une mesure différente, toujours plus basse : elle ne se compare jamais directement au LWA.
Sources
Légifrance, arrêté du 25 juin 1980 relatif au règlement de sécurité contre l’incendie (article EL 18 § 4), consulté le 29/09/2026 ; EUR-Lex, directive 2000/14/CE sur les émissions sonores des matériels utilisés à l’extérieur (article 12), consultée le 29/09/2026 ; AFNOR et Promotelec, synthèses de filière sur la série NF C 15-100 (édition 2024), consultées le 29/09/2026 ; ISO, table des matières et avant-propos officiels de la norme ISO 8528-1:2018, consultés le 29/09/2026 ; EUR-Lex, règlement (UE) 2023/1230 relatif aux machines, consulté le 29/09/2026 ; ARS Grand Est, bilan des intoxications au monoxyde de carbone, saison 2024-2025, consulté le 29/09/2026 ; ARS Bretagne, bilan des intoxications au monoxyde de carbone 2025, consulté le 29/09/2026.
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