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Choisir son groupe électrogène

Qu’est-ce qu’un groupe électrogène ? Définition et sécurité

Qu'est-ce qu'un groupe électrogène : fonctionnement, puissance kVA/kW, raccordement, sécurité monoxyde de carbone et bruit, avant votre demande de devis.

Monogramme de Élodie Carrel Élodie Carrel
Qu’est-ce qu’un groupe électrogène ? Définition et sécurité
13 min de lecture Choisir son groupe électrogène Relu le 2 octobre 2026

Points à retenir

  1. Le principe tient en deux pièces. Un moteur thermique brûle un carburant (essence, diesel, gaz) et fait tourner un alternateur, qui convertit cette énergie mécanique en courant électrique.
  2. Une puissance apparente en kVA n’est pas une puissance active en kW.
  3. Une classe de puissance de secours existe également, réservée aux groupes destinés à prendre le relais lors d’une coupure, avec un nombre d’heures annuel limité par la norme.
  4. Avant de transmettre votre besoin à un distributeur, quelques éléments accélèrent l’étude de votre dossier et évitent un groupe mal dimensionné.

Un groupe électrogène est un appareil qui produit de l’électricité de façon autonome, grâce à un moteur thermique couplé à un alternateur. Il prend le relais lors d’une coupure de courant, sur un chantier sans raccordement, ou pour sécuriser un lieu qui ne peut pas rester sans électricité. Ce site ne vend, n’installe et ne loue aucun groupe électrogène : votre demande est transmise à un distributeur, qui vous répond directement avec son devis.

Sécurité. Un groupe électrogène ne fonctionne jamais à l’intérieur. Ni dans la maison, ni dans la cave, ni dans le garage (même porte ouverte), ni sous un auvent fermé ou dans un camping-car. Installez-le à l’extérieur, à l’écart des portes, fenêtres et entrées d’air. Le monoxyde de carbone ne se voit pas et ne se sent pas. Maux de tête, nausées ou vertiges chez plusieurs personnes : arrêtez l’appareil, aérez, sortez et appelez le 15, le 18 ou le 112 (114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes).

Comment fonctionne un groupe électrogène

Le principe tient en deux pièces. Un moteur thermique brûle un carburant (essence, diesel, gaz) et fait tourner un alternateur, qui convertit cette énergie mécanique en courant électrique. Ce courant alimente ensuite les appareils branchés, directement ou via l’installation électrique du bâtiment.

Deux familles de groupes se distinguent par la façon dont elles produisent ce courant. Un groupe classique régule sa tension par un système électronique appelé AVR, monté sur un alternateur ordinaire. Un groupe inverter redresse le courant produit puis le recrée entièrement au moyen d’un onduleur électronique : la tension et la fréquence restent stables quel que soit le régime du moteur, qui peut donc varier selon la charge, avec moins de bruit et de consommation à faible charge.

Aucun de ces deux systèmes ne rend à lui seul un groupe compatible avec n’importe quel appareil sensible : c’est le taux de distorsion (THD) annoncé par le fabricant qui indique la qualité réelle du courant, et il varie d’un modèle à l’autre.

La puissance qui compte : kVA, kW et courant de démarrage

Une puissance apparente en kVA n’est pas une puissance active en kW. La relation est P (kW) = S (kVA) × cos φ. Les groupes triphasés industriels sont spécifiés par convention constructeur à cos φ = 0,8 : un groupe annoncé pour 100 kVA délivre donc 80 kW réels. Les petits groupes monophasés sont souvent annoncés directement en watts, avec un cos φ proche de 1.

Le dimensionnement ne se fait jamais sur la simple addition des puissances nominales des appareils. Un moteur asynchrone (pompe, compresseur, réfrigérateur, pompe à chaleur) appelle typiquement plusieurs fois son courant nominal pendant quelques secondes au démarrage : c’est cette pointe, ajoutée au reste de la charge, qui dimensionne le groupe. Un démarreur progressif ou un variateur réduit fortement cette pointe. On raisonne également sur la puissance continue du groupe, jamais sur sa puissance maximale ou de crête, indiquée séparément par le fabricant.

Pour comparer deux modèles, il faut aussi vérifier qu’ils sont annoncés dans la même classe d’usage : la norme ISO 8528-1 distingue des puissances déclarées selon l’emploi prévu du groupe, détaillées ci-dessous.

Groupe électrogène capoté posé dans une rue
Groupe électrogène capoté posé dans une rue Photo : Photograph by Mike Peel (www.mikepeel.net). / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Classes de puissance selon l’usage (ISO 8528-1)

Continue, principale ou temps limité

La norme ISO 8528-1:2018 définit plusieurs classes de puissance déclarée : la puissance continue (usage à charge constante, sans limite d’heures), la puissance principale (charge variable, sans limite d’heures) et la puissance à temps limité, réservée à un fonctionnement plus court. Une même machine affiche donc plusieurs puissances selon la classe retenue, et deux groupes ne se comparent qu’à classe identique.

La classe secours

Une classe de puissance de secours existe également, réservée aux groupes destinés à prendre le relais lors d’une coupure, avec un nombre d’heures annuel limité par la norme. Les définitions chiffrées précises (heures par an, pourcentage de charge moyenne) figurent dans le texte intégral, payant, de la norme ISO 8528-1 : un fabricant ou un bureau d’études reste la bonne source pour les obtenir avant un engagement contractuel.

Préparer une demande de devis

Avant de transmettre votre besoin à un distributeur, quelques éléments accélèrent l’étude de votre dossier et évitent un groupe mal dimensionné.

Ce qu'il faut préparer avant une demande de devisLister les appareilsRecensez les appareils à alimenter en même temps et leur puissance en kW ou en kVA.Repérer les moteursIdentifiez les appareils à moteur (pompe, compresseur, pompe à chaleur) : ils demandent un pic de courant au démarrage.Choisir le courantPrécisez si l’installation a besoin de monophasé ou de triphasé.Définir la durée d’usageIndiquez si le besoin est ponctuel, régulier ou de secours en cas de coupure.Noter les contraintesEspace disponible, accès pour le ravitaillement, horaires et voisinage.

Ces éléments transmis, le distributeur qui reçoit votre demande confirme le calcul de puissance avec vous et propose le modèle adapté.

Raccordement et sécurité électrique

Sécurité. Brancher un groupe sur l’installation de la maison est l’affaire d’un électricien. Le raccordement passe par un inverseur de source, qui isole la maison du réseau public et coupe tous les conducteurs actifs (phases et neutre) avant de basculer sur le groupe. Ne raccordez jamais un groupe à une prise murale : ce type de branchement direct est dangereux et interdit par la norme d’installation.

Un groupe qui alimente tout ou partie d’une installation fixe doit passer par un dispositif d’inversion de source qui rend impossible la mise en parallèle avec le réseau, par verrouillage mécanique ou électrique. C’est cette interdiction du couplage qui est obligatoire, pas l’automatisme : l’inverseur peut être manuel, actionné par l’utilisateur, ou automatique. Sans ce dispositif, le courant du groupe peut remonter sur le réseau public, ce qui menace la vie des agents qui interviennent sur une ligne réputée coupée, et expose le groupe lui-même au retour du secteur.

La série 2024 de la NF C 15-100, qui intègre les guides de la filière sur les générateurs et les groupes, proscrit le raccordement d’un générateur sur un circuit terminal par une simple prise de courant. Le raccordement au tableau, conforme à cette norme, se confie à un électricien : le site ne le décrit jamais comme un geste de bricolage et ne le réalise jamais lui-même.

Sécurité monoxyde de carbone

Le monoxyde de carbone (CO) est incolore, inodore et non irritant : il tue sans prévenir. Tout moteur thermique en produit, qu’il fonctionne à l’essence, au diesel ou au gaz. Un groupe électrogène ne s’utilise donc jamais dans un lieu fermé, même avec une porte ouverte ou une ventilation apparente : maison, cave, garage, véranda, abri, tente, camping-car sont tous concernés. Il s’installe toujours à l’extérieur des bâtiments, loin des portes, fenêtres et entrées d’air.

Des maux de tête, nausées, vertiges ou une fatigue soudaine touchant plusieurs personnes (ou des animaux) en même temps sont des signes d’alerte : arrêter l’appareil, aérer, évacuer et appeler les secours. Les chiffres saisonniers publiés par les agences régionales de santé donnent une idée de l’ampleur du risque, avec une part liée aux groupes électrogènes.

Intoxications au monoxyde de carbone, saison 2024-2025Épisodes recensés76épisodesPersonnes exposées243personnesPersonnes hospitalisées109personnesDécès5décèsSource : ARS Grand Est, bilan saisonnier

La région Bretagne a publié pour 2025 un bilan du même ordre, avec des décès également liés à l’usage d’un groupe électrogène en espace fermé. Ces chiffres évoluent chaque saison : ils sont arrêtés au 29 septembre 2026 ; les agences régionales de santé publient les chiffres à jour.

Bruit et voisinage

La directive européenne 2000/14/CE impose, pour les groupes électrogènes de puissance inférieure à 400 kW, le marquage du niveau de puissance acoustique garanti, noté LWA, exprimé en décibels. Cette valeur n’est pas la même chose qu’un niveau en dB(A) mesuré à quelques mètres de l’appareil : la propagation du son fait qu’un dB(A) mesuré à distance affiche toujours une valeur bien plus basse que le LWA marqué sur l’appareil. On ne compare donc jamais directement ces deux chiffres entre deux fiches produit.

Le bruit réellement perçu par le voisinage relève, lui, du Code de la santé publique et des arrêtés municipaux ou préfectoraux, pas de la directive produit : l’emplacement du groupe et les horaires d’usage restent à adapter au contexte local, notamment pour un usage régulier en location événementielle.

Entretien et essais

Un groupe qui reste immobile pendant des mois peut refuser de démarrer le jour où la coupure survient. Faire tourner régulièrement l’appareil en charge, surveiller la batterie de démarrage, le niveau d’huile et l’état du carburant, puis respecter les intervalles de vidange indiqués par la notice du fabricant, restent les gestes qui évitent cette panne au pire moment. Le détail des opérations d’installation et d’entretien se prépare avec le distributeur ou un professionnel.

Dans un établissement recevant du public, un groupe électrogène de sécurité obéit au règlement de sécurité incendie : une vérification tous les quinze jours des niveaux et de la source de démarrage, et un essai mensuel de démarrage automatique avec au moins 50 % de charge pendant 30 minutes, consignés dans un registre d’entretien. Cette obligation, fixée par l’arrêté du 25 juin 1980 (article EL 18), concerne les groupes de sécurité des établissements recevant du public : elle ne s’applique pas à un groupe installé chez un particulier.

Groupe de sécurité en établissement recevant du public : le rythme imposéVérifierContrôle des niveaux et de la source de démarrage.EssayerDémarrage automatique avec au moins 50 % de charge pendant 30 minutes.ConsignerChaque vérification et chaque essai sont notés dans le registre d’entretien.

Cas particuliers

Dans un établissement recevant du public, seuls les groupes qualifiés « de sécurité » relèvent des vérifications décrites ci-dessus ; la décision d’équipement et son suivi se vérifient avec le bureau de contrôle de l’établissement. Dans un établissement de santé, des exigences propres à l’alimentation de secours existent : elles se confirment avec l’autorité de tutelle et le bureau de contrôle de l’établissement, jamais par extrapolation depuis ce guide.

Pour un chantier ou un usage de secours à domicile, les mêmes règles de sécurité (CO, raccordement, bruit) s’appliquent, sans les obligations propres aux établissements recevant du public. En location événementielle, la contrainte acoustique, l’accès au carburant et la responsabilité de l’organisateur ou du locataire se précisent directement avec le distributeur, au moment du devis.

Ce site est un éditeur d’information : il ne vend, n’installe et ne loue aucun groupe électrogène. Décrire votre besoin et recevoir un devis auprès d’un distributeur reste la façon la plus simple d’avancer, une fois ces repères de sécurité et de dimensionnement en tête.

Questions fréquentes

Un groupe électrogène peut-il alimenter toute une maison ?

Cela dépend de la puissance continue du groupe, de la pointe de démarrage des plus gros moteurs de la maison et du raccordement choisi. Un inverseur de source posé par un électricien permet de basculer tout ou partie du tableau sur le groupe ; le distributeur confirme le dimensionnement avec vous.

Faut-il un électricien pour installer un groupe électrogène ?

Dès que le groupe se raccorde à l’installation fixe d’un bâtiment via le tableau électrique, ce raccordement est un travail d’électricien, qui pose l’inverseur de source imposé par la norme d’installation. Un usage ponctuel d’appareils branchés directement sur le groupe, à l’extérieur, ne relève pas du même cadre.

Quelle différence entre un groupe classique et un groupe inverter ?

Un groupe classique régule sa tension par un système électronique appelé AVR ; un groupe inverter recrée entièrement le courant via un onduleur, ce qui stabilise tension et fréquence même à régime moteur variable. Le taux de distorsion annoncé par le fabricant reste le seul indicateur fiable pour un appareil électronique sensible.

Peut-on utiliser un groupe électrogène dans un garage porte ouverte ?

Non. Le monoxyde de carbone produit par le moteur s’accumule même porte ouverte, dans un garage comme dans une véranda ou une tente. Le groupe s’installe toujours à l’extérieur du bâtiment, loin des portes, fenêtres et entrées d’air.

Un groupe électrogène de particulier est-il soumis aux mêmes contrôles qu’en établissement recevant du public ?

Non. Les vérifications tous les quinze jours et l’essai mensuel prévus par l’article EL 18 de l’arrêté du 25 juin 1980 visent les groupes de sécurité des établissements recevant du public, pas les groupes installés chez un particulier.

Comment savoir si un groupe électrogène est bruyant ?

La valeur à comparer d’un modèle à l’autre est le niveau de puissance acoustique garanti (LWA), marqué sur l’appareil en application de la directive 2000/14/CE. Une valeur en dB(A) mesurée à quelques mètres est une autre donnée, toujours plus basse : elle ne se compare pas directement au LWA.

Sources

Légifrance, arrêté du 25 juin 1980 (article EL 18, règlement de sécurité des établissements recevant du public), consulté le 29/09/2026 ; EUR-Lex, directive 2000/14/CE relative au bruit des matériels utilisés à l’extérieur, consulté le 29/09/2026 ; ISO, norme ISO 8528-1:2018 (table des matières et avant-propos), consulté le 29/09/2026 ; AFNOR et Promotelec, synthèses de la série NF C 15-100 édition 2024, consultées le 29/09/2026 ; Santé publique France, communiqués et fiches sur les intoxications au monoxyde de carbone, consulté le 29/09/2026 ; ARS Grand Est et ARS Bretagne, bilans saisonniers des intoxications au monoxyde de carbone, consultés le 29/09/2026 ; EUR-Lex, règlement (UE) 2023/1230 relatif aux machines, consulté le 29/09/2026.